ACTUALITÉS

Retour

L'entreprise comme «facilitateur» de l’engagement bénévole

Sociale

Fondatrice de Volonteer, cabinet de conseil en engagement sociétal, Octavie Baculard accompagne les entreprises et leurs salariés dans leurs projets d’implication au bénéfice de structures d’intérêt général. Elle regrette que les compétences développées lors d’une expérience d’engagement bénévole ne soient pas évaluées dans l’entreprise. Interview.

Comment les entreprises sont-elles passées d’un « mécénat passif » à un « mécénat actif », en mettant en place des projets bénévoles avec leurs salariés ?

Le mécénat était auparavant très déconnecté de l’activité de l’entreprise. Aujourd’hui, il est directement intégré à la politique RSE (Responsabilité Sociale d’Entreprise). Cela a commencé à évoluer quand certaines entreprises ont lancé des baromètres internes… Elles se sont alors rendu compte de l’envie des salariés de s’engager. Par ailleurs, des fondations d’entreprise ont eu besoin de faire le lien entre les projets soutenus et les collaborateurs. Ainsi, à travers un programme de parrainage, les salariés deviennent le relais de la fondation sur le terrain. La politique d’implication peut concerner la communication interne qui organise des journées de l’engagement, afin de fédérer les salariés autour de projets, ou les ressources humaines qui décident de mettent en place un mécénat de compétences pour permettre aux collaborateurs d’apporter leurs compétences.
 

Quel est l’intérêt pour les salariés de s’engager dans le cadre de leur entreprise ?

Ajouter du sens à leur activité et gagner en compétences, puisqu’ils utilisent leur savoir-faire dans un autre cadre. Ainsi, nous avons mené une enquête en 2011 auprès de salariés bénévoles dans le cadre de leur entreprise. Ils sont d’autant plus satisfaits qu’ils n’ont pas l’impression d’être instrumentalisés par leur employeur pour des besoins de communication. Le bénévolat est ressenti avant tout comme étant une expérience personnelle. Mais ils reconnaissent le rôle de facilitateur que peut jouer leur entreprise. Le « coup de pouce » qu’elle peut leur donner. Cette enquête a d’ailleurs montré qu’ils ne ressentaient pas comme une intrusion son intérêt pour leurs activités bénévoles.

Leurs compétences acquises pendant cette expérience sont-elles évaluées ensuite ?

Non. Aujourd’hui, les compétences développées lors d’une expérience d’engagement bénévole ne sont pas évaluées dans l’entreprise. Ce sont des activités très cloisonnées par rapport à l’activité professionnelle. C’est dommage car cela répond à une attente des salariés engagés qui souhaitent que ce type d’expériences puisse être pris en compte par l’entreprise.

Quel intérêt l’entreprise y trouve-t-elle finalement ?

Le soutien à l’engagement « hors travail » des salariés est un facteur d’amélioration de la cohésion interne et de développement de l’épanouissement personnel. Les salariés se sentent utiles et reconnus dans une action proposée par l’entreprise. Par ailleurs, ils se trouvent généralement valorisés dans leurs compétences et en acquièrent de nouvelles, qu’elles soient relationnelles ou professionnelles. Cela ne peut donc qu’être bénéfique pour l’entreprise.

Quelles sont les différences entre le développement de cet engagement bénévole organisé dans le cadre de l’entreprise en France et à l’étranger ?

Cela ne s’est développé vraiment en France que depuis 2005 avec l’essor des politiques de RSE. Dans les pays anglo-saxons, il existe en effet depuis plus longtemps… Mais ce n’était pas transférable tel quel car beaucoup de missions réalisées dans ces pays relèvent en France du service public.

À RETENIR

  • L’engagement bénévole des salariés peut-être porté par les directions
  • Les comités d’entreprise peuvent trouver une place dans cette démarche
  • Les entreprises peinent à reconnaître les compétences professionnelles développées dans le cadre de cet engagement bénévole

Sociale

Quand un Comité d'Entreprise accompagne les salariés...

Déjà près de 8 % des salariés sont des aidants. En marge de leurs activités professionnelles, ils s'occupent de proches en situation de dépendance. Alors que leur nombre risque de doubler dans les années qui viennent, les entreprises ne prennent pas suffisamment en compte leur siutation. Le CE a un rôle à jouer, exemple.

Lire la suite
Sociale

Fiche pratique : comment co-construire une BDES efficace ?

Pour être véritablement efficace, une base de données économiques et sociales (BDES) ne doit pas se limiter à une base documentaire. Elle doit aussi être une base de données chiffrées.

Lire la suite